Avant propos

“Presque à égale distance des bords de la méditerranée et des contreforts des Cévennes. Derrière la chaîne qui descend du Pic Saint Loup se trouve un vallon se dirigeant de l'ouest à l'est et mesurant environ 10 km. C'est le vallon de Londres posé au couchant, au pied d'une montagne dont la cime est boisée se trouve le village de Saint Martin de Londres.”

C'est ainsi que commence le livre d'Emile Bougette sur Saint Martin de Londres. Mais pour moi, Saint Martin n'est pas seulement un petit village adossé à une montagne, c'est une vieille image du passé qui n'a pas voulu s'effacer. C'est un village de conte de fée ou l'histoire commence par “Il était une fois”.

D'ou vient le nom de Londres

Dans l'ancien patois du pays on appelle “terrain dundras” un terrain marécageux et desséché. Les trois villages qui portent le nom de Londres, ont pour sol un terrain marécageux et desséché aujourd'hui. C'est ainsi que Londres proviendrait par changements successifs de Dundras.

Ce n'est qu'au XI siècle que Dundras est devenu Londres. La communauté de Saint Martin de Londres avait pour armoiries: “D'azur à un Saint Martin d'or, sur un cheval d'argent, coupant avec son épée son manteau pour en donner la moitié à un pauvre; de carnation,vêtu de gueules”.

Le village

Vers le XI siècle la seigneurie de Saint Martin appartenait à la famille Guilhem de Mantarnaud. Le village était entouré de nombreux Mas ou Hameaux constituant des fiefs indépendants de la seigneurie principale. Ces fiefs furent presque tous successivement cédés à l'abbaye de Gellone à partir du XI siècle. Mais la seigneurie de Saint Martin ne passa aux moines de Saint Guilhem qu'un siècle et demie plus tard vers l'an mille deux cent cinquante quatre, à partir de l'an mille trois cent trente et un jusqu'à la révolution les évêques furent les suzerains des villages situés dans le vallon de Londres.
En l'an mille cent soixante deux le village était formé de deux parties distinctes.

- L'enclos du cimetière.
- La ville.
Dans l'enclos du cimetière se trouvait.
- L'église.
- La maison seigneuriale.
- Une tour.
- La maison du prieur et des Clercs.
Et du coté sud ouest la ville.
- Le quartier avec les maisons.
Les luttes fin XII siècle devinrent fréquentes et forcèrent le seigneur à construire de hautes murailles pour se défendre. L'enclos du cimetière fut alors fortifié.
Un portail à plein cintre de 2,25 mètres d'ouverture placé au regard de la ville au milieu du rempart donnait accès à cette enceinte. C'est par cette unique issue que s 'établissaient les communications avec l'extérieur.
Cette partie du village formant la première enceinte fut appelée " vieux fort ".
Au XIV siècle de nouvelles fortifications enveloppèrent toute la ville. Les murailles étaient épaisses de 1,40 mètre.
Trois portes, constituées chacune d'une tour, donnèrent entrée dans la ville, ces tours aux nombre de cinq étaient découvertes afin de pouvoir défendre toutes les avenues. Vers le commencement du XVI siècle le village franchit l'enceinte fortifiée et se développa à l'extérieur.
Le XIX siècle fut fatal à ces fortifications.
Le portail "Le Portalet" Fut démoli avec la muraille jusqu'à la tour.
Le portail neuf fut démoli avec le pont qui le précédait en mille huit cent cinquante quatre.
Le grand portail fut démoli en mille huit cent cinquante cinq.
La tour " prime " fut sacrifiée la dernière. Ses pierres servirent à construire la nouvelle mairie en mille huit cent quatre vingt.
Quant aux tours circulaires, celle de " l'Aillet " fut vendue et on l'appela " Tour d'Arnaud " du nom de son nouveau propriétaire.Celle qui est à l'angle opposé fut couverte. En mille sept cent quatre vingt onze, le rez de chaussée servit de corps de garde et de prison. De mille huit cent un à mille huit cent soixante la salle du premier étage fut affectée aux réunions du conseil municipal. En mille huit cent cinquante neuf la tour de la mairie fut surélevée et on y installa l'horloge.

L'église

Le premier mai mille quatre vingt huit Ademar Guilhem de Montarnaud et son épouse Garsinde donnèrent au monastère de Gellone l'église de Saint Martin de Londres, le cimetière et tout ce qui appartenait à l'église.
C'est une église romane dans sa forme mais d'influence byzantine ce qui vaut la coupole centrale. Ses dimensions.
- Longueur totale de l'église romane 25 mètres
- Longueur de la nef romane 15 mètres
- Largeur de la nef 6.50 mètre
- Largeur du transept 14.10 mètre
- Ouverture de l'abside 5.90 mètre
- Ouverture des absides latérales 5.40 mètres
- Hauteur de la coupole 15 mètres

L'église date du XII siècle. Le porche ou le gimmel fut construit vers le XIII siècle et le clocher fin XIII début XIV, c'était une tour carrée massive de style roman élevé d'environ 25 mètres et se terminant en plate forme. Vers la fin janvier mille huit cents cinquante huit le clocher menaçant ruine fut démolit, les matériaux provenant de la démolition furent en partie utilisée par l'exhaussement de la tour de l'horloge. En octobre mille huit cent cinquante deux par suite de transformation du Gimmel en chapelle l'entrée du porche n'était plus ouverte on dut pour le service du clocher et de l'horloge faire dans le mur du clocher à gauche du portail la petite porte qui communique avec l'escalier conduisant à la tribune, en mille huit cent cinquante deux l'ouverture du porche fut diminué et ramenée aux dimensions d'une grande porte. Sur le linteau, placé à la naissance de l'archivolte, on posa une ancienne statue en pierre représentant Saint Martin tel qu'on le voit dans les armoiries de la ville.
Anciennement cette statue était placée sur la porte de la sacristie à l'intérieur de l'église en mille six cent quatre vingt dix sept. L'évêque Colbert, ennemi des images, ordonna de l'enlever. On la plaça dans l'ambrasure de la fenêtre fermée à droite dans le gimmel .
Au XVIIII siècle le curé reprit le projet d'agrandissement de l'église, et fit l'acquisition de la maison contiguë à l'église du coté ouest, démolit le mur et prolongea la nef de quatre mètres.
Vers mille six cent quatre-vingt quatorze on construisit du côté de l'église trois piliers sur lesquels on fit une galerie voûtée à la croisade. Le couloir large de 2,50 métres sur une longueur de 7 mètres était fermé aux deux extrémités par une porte.
Vers mille deux cent cinquante quatre le portail dit de Claustre fut ouvert sous la maison du prieuré afin d'établir un passage pour la commodité des prêtres. En mille huit cent vingt trois: construction de l'arceau qui fait communiquer la sacristie avec le presbytére. En mille huit cent quarante cinq fut construit sur l'emplacement de la galerie existante les trois appartements qui longent la terrasse actuelle
La fabrication de la croix en pierre qui se trouve sur la place de l'église date de mille six cent quarante deux et ce ne fut pas toujours sa place, car en mille sept cent quatre vingt onze elle était sur la placette.

La croix miraculeuse

L'église de Saint Martin possède une petite croix datant du XII siècle, en bois très dur d'une forme très particulière. elle mesure 21 centimètres de haut et 15 centimètres de large à la hauteur des bras. Elle est recouverte par une lame de cuivre très mince. On l'a dit miraculeuse. Voici son histoire:
Le sultan de Jérusalem ami de Charlemagne lui fit don de certaines reliques de la passion dont, un morceau de la vraie croix. Et lorsque Guillaume d'Orange Duc d'Aquitaine et maire du palais décida de fonder le monastère de gellone pour entrer dans la vie monastique au début du IX siècle. Charlemagne lui donna la relique de la vraie croix.
Lorsque les moines de Gellone fondèrent le prieuré de Saint Martin en signe d'unité ils donnèrent un morceau de la " vraie croix " .

   

Le cimetière

Le cimetière se trouvait au devant de l'église et arrivait jusqu'au milieu de l'abside centrale, une rue étroite le séparait des habitations. Vers le milieu du XVII siècle un second cimetière fut établi hors des murs, le premier étant insufisant. Le nouveau cimetière fut destiné à la sépulture de ceux qui venaient s'établir. Aussi l'appela-t-on "le cimetière des étrangers ". A partir du 2 février mille sept cent quatre vingt deux, les sépultures dans le cimetière qui était au devant de l'église cessèrent. Le nouveau cimetière fut agrandi en mille huit cent quatre vingt cinq.
Le gimmel ou porche précédant l'entrée de l'église était réservé à la sépulture des prêtres. Dans le courant du XVIII siecle on ne compta que 32 sépultures dans l'église. Le dernier qui eut cet honneur fut le prêtre Joseph Roubieu décèdé le 23 mai mille sept cent quatre vingt neuf à l'age de trente huit ans.

La fontaine

Au milieu du XIX siècle, la communauté fit certains travaux d'embellissements et d'utilité générale.
Un grand puits existait en dehors des murailles, une auge dans laquelle on versait de l'eau qui servait d'abreuvoir aux bestiaux. On fit dresser par le sculpteur Bertrand de Montpellier le plan d'une fontaine monumentale qui devait être placée prés de l'ancien puits non loin du grand portail. Des accidents motivèrent le remplacement de cette fontaine par la fontaine actuelle en mille huit cents cinquante.

Anecdotes

Pour l'avènement de la seconde république le 24 février mille huit cent quarante huit les Saint Martinnois plantèrent un arbre compris entre la fontaine publique et la route qu'ils nommèrent l'arbre de la liberté.

Au nombre des conventionnels qui siégeaient dans l'assemblé qui condamna le roi Louis XVI se trouvait Bancal, né à Saint Martin le 23 novembre mille sept cents cinquante, où il vota pour le bannissement